Régionalisme et football font-ils bon ménage ? Les cas basque et corse

Il ne fait nul doute que certaines régions sont beaucoup plus identitaires que d’autres. Et certaines poussent le vice encore plus loin en intégrant les clubs de football dans ce régionalisme comme c’est par exemple le cas de l’Athletic Bilbao. Et il semblerait que le modèle du club basque séduise au moins partiellement le club corse du SC Bastia.

 

A l’heure où le marché des joueurs de football est, à l’image de notre société, complètement mondialisé, il existe un club au Pays Basque qui souhaite conserver son identité jusqu’aux joueurs qui portent son maillot. Je parle bien entendu de l’Athletic Bilbao. Véritablement ancré dans la culture basque, l’Athletic a pendant longtemps compté uniquement sur son centre de formation, la Cantera, qui est reconnu comme le meilleur club formateur pour les joueurs basques.

 

Néanmoins, au milieu des années 90, afin de conserver sa place dans l’élite du football espagnol, le club de Bilbao a quelque assoupli ses règles en se donnant le droit de recruter également des joueurs issus des autres clubs de football basque. Au final donc, l’Athletic Bilbao ne se compose que de joueurs basques ou bien de joueurs formés au sein des centres de formations du Pays Basque comme c’est le cas du jeune Aymeric Laporte, joueur français mais formé à la Cantera. Le tout en tout cas contribue à l’obligation de bien former ses jeunes joueurs mais aussi au maintien d’une identité forte qui plait aux supporters.

 

Les autres gros clubs basques que sont l’Osasuna Pampelune et la Real Sociedad souhaitent quant à eux conserver leur identité basque mais recrutent hors-frontières et n’ont donc pas souhaité suivre le modèle 100% basque de l’Athletic Bilbao. Ainsi, si la communication officielle du club tout comme une bonne partie de l’effectif est basque, l’Osasuna et la Sociedad se donnent la possibilité d’acheter des joueurs venant de l’étranger tout en sachant que ces derniers devront s’adapter à la culture basque très présente en-dehors du terrain.


Ce régionalisme, les clubs basques ne sont pas les seuls à l’utiliser puisque les clubs corses, et en particulier le SC Bastia, ont bien compris que la Corse était une force. Ainsi, lors de la trêve internationale de la semaine passée, l’effectif du SC Bastia n’a pas été confronté à de longs discours technico-tactiques mais plutôt à une plongée dans la Corse et son identité.

 

Les joueurs du SCB ont ainsi découvert les particularités de l’Ile de Beauté et tout ce qui la rend unique comme sa gastronomie, ses habitants, son patrimoine culturel mais aussi ses us et coutumes. Si les purs corses de l’effectif n’ont pas été dépaysé, les autres joueurs ont découvert une facette du SC Bastia qu’il ne connaissait pas et qui doit doublement leur donner envie de mouiller le maillot du club.

 

Mais derrière cette opération qui visait également à montrer l’attachement du club à la Corse et au peuple corse, on retrouve également la vraie volonté du SC Bastia de s’inscrire dans ce que fait si bien Bilbao depuis des décennies. Et oui, le SC Bastia souhaite aujourd’hui relancer son centre de formation et que celui-ci le pourvoit en jeunes joueurs corses capables d’évoluer en Ligue 1. Car même si les recrues « hors-Corse » seront les bienvenues au SC Bastia, un noyau fort de joueur du cru est un gage de conservation de l’identité pour le public corse. Le brassard de capitaine porté par Yannick Cahuzac en match en est d’ailleurs le parfait symbole…

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