Quand le basket vient remettre en cause la vidéo comme outil d’aide à la décision des arbitres !

A l’heure où tous les sports professionnels filent lentement vers sûrement vers l’arbitrage vidéo, quelle ne fût pas ma surprise de voir une commission de la FFBB remettre en cause la décision prise par un arbitre après consultation de la vidéo. Car si la recherche de l’éthique sportive est louable, le fait de demander qu’un match soit rejoué et donc la remise en cause de l’arbitrage vidéo pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la simple confrontation entre Chalon et Cholet (Pro A).

 

Comme vous le savez sans doute si vous me lisez régulièrement, je compte parmi ceux qui pensent qu’une assistance vidéo dans des situations précises (hésitation sur la validation d’un but, sur le positionnement d’une faute pour siffler penalty ou non ou encore doute quelconque sur une situation pouvant conduire à un but) est indispensable au football.

 

Aussi, à l’heure où la majorité des fédérations sportives réfléchissent à la meilleure manière d’utiliser la vidéo pour réduire les « erreurs » d’arbitrage, la position prise par la Chambre d’Appel de la FFBB m’a surpris. En effet, si éthiquement, je comprends que les dirigeants choletais, se sentant floués par une décision arbitrale qui leur fait perdre « injustement » le match d’un point contre Chalon, aient souhaité déposer un recours, il parait plus étonnant que la Chambre d’Appel ait décidé de faire rejouer la partie estimant en quelque sorte que l’arbitre n’a pas su « décrypter » la vidéo.

 

Car, dans cette affaire, le problème principal est que c’est l’arbitrage vidéo qui a été clairement identifié comme pouvant être contestable puisque si l’arbitre de Chalon – Cholet avait pris sa décision sans recours à la vidéo, l’arbitre aurait, certes, eu droit à des critiques, mais le résultat de la rencontre aurait été entériné, l’erreur humaine d’arbitrage ne pouvant être réellement contestée.

 

Ici, le simple recours à un arbitrage vidéo et le difficile décryptage de l’image (car oui la vidéo ne permet pas toujours de tout voir à 100%) a en tout cas donné la possibilité à des dirigeants de porter un recours et d’envoyer le message que l’arbitrage vidéo pouvait être contesté.

 

Les Choletais, finalement vainqueurs lors du match rejoué, auront en tout cas bien géré le dossier mais le vrai problème est désormais ailleurs puisque l’on peut imaginer que la décision de la Chambre d’Appel de la FFBB fasse jurisprudence. Or, cela signifierait que toutes les décisions de jeu prises en se basant sur l’arbitrage vidéo sont susceptibles de contestation… Gravissime !

 

En effet, il serait peut-être temps que tout le monde comprenne que, bien utilisée, la vidéo peut être un fabuleux outil pour aider les arbitres et ce dans n’importe quel sport. Néanmoins, si le nombre d’erreurs diminuera considérablement, quelques erreurs subsisteront toujours pour la simple et bonne raison que le décryptage de la vidéo sera toujours réalisé par l’homme et que l’erreur reste humaine. Mais attention à ce que ces « erreurs  négligeables » ne viennent pas remettre en cause tout un modèle qui fait ses preuves…

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